Restauration, hôtellerie : le CHR trinque sur le front des défaillances

25 août 2026

Le deuxième trimestre 2026 confirme la dégradation économique de la France, selon l’étude Altarès* : 17 486 entreprises ont mis la clé sous la porte entre avril et juin, soit 5,4 % de plus qu'un an auparavant. Dans ce paysage déjà sombre, le secteur des cafés, hôtels et restaurants (CHR) se distingue par une intensité particulière des difficultés, notamment dans l'hébergement et la restauration rapide. Décryptage à partir de la dernière étude Altares.

Un trimestre sous tension généralisée

Depuis janvier, 37 700 entreprises ont été placées en procédure collective, soit 1 500 de plus que sur la même période l'an dernier. Les très petites structures et les jeunes entreprises concentrent l'essentiel du choc, ce qui « limite » paradoxalement la casse sociale : le nombre d'emplois menacés recule de 9,5 % sur un an, à 58 830 salariés. C'est dans ce contexte de croissance atone que le secteur CHR affronte ce deuxième trimestre.

Hébergement : la dégradation s'accélère nettement

Le constat est sans appel pour les métiers de l'hébergement. Les procédures y bondissent à 41,5 %, soit 133 défaillances sur le trimestre. Les hôtels sont en première ligne, avec 91 établissements défaillants, en hausse de 54 % sur un an. Les structures d'hébergement touristique de courte durée affichent également une trajectoire à la baisse. Un signal qui confirme la fragilité persistante d'un maillon essentiel de la chaîne touristique française.

Restauration : la restauration rapide rattrape la traditionnelle

C'est la restauration qui concentre l'essentiel des procédures ouvertes dans le secteur CHR. La restauration traditionnelle demeure l'activité la plus touchée en volume, avec 997 défaillances, en progression de 6,4 % sur un an. Mais c'est la restauration rapide qui inquiète le plus par sa dynamique : avec 907 procédures, en hausse de 13,9 %, elle affiche désormais un niveau de défaillances presque équivalent à celui de la restauration traditionnelle, un phénomène inédit qui traduit l'ampleur des tensions de trésorerie pesant sur ce segment.

Débits de boissons : une éclaircie isolée

Seule note un peu plus favorable dans ce tableau : les débits de boissons amorcent un léger mieux, avec 288 procédures recensées, en recul de 2,7 % sur un an. Une accalmie ponctuelle qui ne suffit toutefois pas à inverser la tendance de fond du secteur. Des fragilités structurelles, pas seulement conjoncturelles

Selon Altares, « la dégradation ne doit plus être cherchée dans les dispositifs hérités de la crise sanitaire : les prêts garantis par l'État sont quasiment soldés et les assignations Urssaf pèsent moins que jamais dans l'ouverture des procédures. La cause est ailleurs : une demande intérieure atone, des coûts d'exploitation qui restent élevés et des entreprises contraintes de puiser davantage dans leur trésorerie pour tenir ». Une équation difficile à résoudre pour des établissements CHR aux marges déjà étroites.

Pour les professionnels du secteur, l'enjeu immédiat n'est donc plus tant de développer l'activité que de sécuriser trésorerie, investissements et chaînes d'approvisionnement pour préserver leur capacité de rebond.(1)

    (1) * Étude des défaillances et sauvegardes des entreprises en France au 2e trimestre 2026