Quatre ans que la réforme du titre-restaurant est annoncée. Ce mercredi 7 octobre, elle entre enfin dans le concret avec l’ouverture, à l’Assemblée nationale, des travaux en commission sur la proposition de loi visant à moderniser et rééquilibrer le dispositif.
L’Umih, elle, n’a pas attendu. Dès 2022, elle alertait sur la dérive du titre-restaurant, progressivement détourné de sa vocation première pour devenir un « titre caddie ».
Face à la pérennisation du « tout alimentaire » en grande distribution qui se profile, l’Umih défend une priorité absolue : l’instauration d’un double plafond journalier d’utilisation.
Le double plafond journalier : la priorité pour préserver l'économie de proximité
Le principe est simple et soutenu par l’ensemble des métiers de bouche : autoriser un montant de dépenses quotidien plus élevé dans les restaurants et les commerces de bouche de proximité que dans les grandes surfaces.
L’Umih préconise concrètement qu’un plafond de 25 euros par jour soit réservé à la restauration et aux commerces de bouche et un plafond de 10 euros par jour pour la grande distribution. Expérimenté lors de la crise Covid, ce mécanisme a prouvé sa faisabilité et son efficacité : il s'agit de la seule réponse juste et équilibrée pour soutenir le pouvoir d’achat des salariés sans pénaliser l’activité et l’emploi dans nos territoires.
Plafonnement des commissions des émetteurs : ne pas compromettre l'adoption de la réforme
Alors que le calendrier parlementaire est particulièrement contraint, un sujet aussi technique requiert un examen approfondi qui ne peut être mené à la hâte. Les amendements déposés proposent des plafonds allant de 1,5 % à 3 %, sans rationalité économique clairement établie ni visibilité sur les services rendus aux restaurateurs et aux salariés. Introduire aujourd'hui ce débat complexe risque de mobiliser une part disproportionnée des discussions et de compromettre l’adoption globale d’un texte pourtant attendu et indispensable pour la profession.
De plus, le texte prévoit déjà des leviers d'économies majeurs : la dématérialisation intégrale et rapide, la suppression des rétrocommissions et le renforcement de la transparence qui permettra déjà un rééquilibrage des relations avec les émetteurs qui conduirait à une baisse des commissions pour les commerçants et à une contribution plus juste des entreprises.
Dématérialisation complète et sauvegarde de nos territoires
Enfin, l’Umih réaffirme son soutien à la dématérialisation complète qui reste la seule garante garantie d'une simplification administrative, des délais de remboursement raccourcis et d’une baisse structurelle des coûts de gestion pour les professionnels. À l’heure des débats, l’Umih appelle solennellement les députés à transformer ces orientations en avancées concrètes. Ne nous y trompons pas. Refuser le double plafond reviendrait à fragiliser un secteur de 175 000 restaurants au profit exclusif de la grande distribution. Les parlementaires ont l’occasion historique de remettre le restaurant au coeur du titre-restaurant : ils ne doivent pas la manquer.