Selon les éléments, dont nous disposons, issus des travaux en cours de France compétences, l’évolution des NPEC pour les diplômes et titres à finalité professionnels spécifiquement liés aux métiers des HCR, atteindrait en moyenne, - 11%. Plus préoccupant encore, certaines certifications professionnelles structurantes pour nos métiers subiraient des baisses pouvant atteindre - 47 %, comme c’est le cas du titre à finalité professionnelle de serveur en restauration.
Si ces orientations étaient confirmées, elles fragiliseraient directement l’accès à l’apprentissage dans des métiers qui recrutent massivement et qui constituent l’un des principaux leviers d’insertion professionnelle des jeunes en France.
Chaque année, près de 45 000 apprentis se forment dans les cafés, hôtels et restaurants. Réduire les moyens consacrés à ces formations reviendrait à affaiblir un dispositif qui fonctionne, au moment même où notre pays a besoin de compétences qualifiées dans des métiers utiles, concrets et non délocalisables.
Plus incompréhensible encore, certaines certifications conduisant à des métiers comparables dans d’autres secteurs pourraient bénéficier d’évolutions de financement plus favorables. Une telle situation introduirait une rupture d’équité entre formations de même niveau et interroge clairement la place accordée aux métiers du service, de l’accueil et de la cuisine dans les priorités nationales de formation.
Les décisions qui seront prises en 2026 engageront l’apprentissage pour les trois prochaines années. Elles pèseront durablement sur la capacité des centres de formation à maintenir leurs plateaux techniques, leurs investissements et leur offre pédagogique, alors même que les besoins en recrutement restent très élevés dans tout le pays.
L’apprentissage est aujourd’hui la principale porte d’entrée dans nos métiers. Le fragiliser, c’est fragiliser la transmission, l’insertion professionnelle et la capacité de nos entreprises à former leurs équipes.
« On ne peut pas faire de l’apprentissage une priorité nationale dans les discours et l’affaiblir dans les décisions. L’apprentissage n’est pas une variable d’ajustement budgétaire. Nous demandons simplement de pouvoir continuer à former des jeunes, former des reconversions, former des professionnels. Former pour faire vivre nos métiers et nos territoires. »
Thierry Marx ,
président confédéral de l'Umih