Entré en application en 2023, le Digital Markets Act devait rééquilibrer les relations entre les grandes plateformes numériques et les entreprises européennes. Ce règlement vise notamment les acteurs dits « contrôleurs d’accès », comme Google, dont la position centrale dans l’accès à l’information en ligne peut influencer directement la visibilité des offres. Pour les hôteliers, l’enjeu est très concret. Aujourd’hui, une part importante des réservations commence par une recherche en ligne. La manière dont les résultats sont présentés peut donc orienter le choix du client avant même qu’il compare les offres. Le DMA prévoit précisément d’éviter que les plateformes privilégient leurs propres services dans ces résultats au détriment des fournisseurs directs.
Une mise en conformité qui se fait attendre
Dans ce cadre, la Commission européenne a ouvert en 2024 une procédure visant Alphabet, maison mère de Google, afin de vérifier la conformité du moteur de recherche avec les obligations prévues par le règlement, notamment celles relatives à la présentation équitable des offres.
Deux ans plus tard, malgré plusieurs échanges techniques entre l’entreprise et les autorités européennes, la conformité attendue n’est toujours pas atteinte. Face à cette situation, l’Hotrec, aux côtés d’autres organisations professionnelles européennes, a publié le 25 mars 2026 une déclaration conjointe appelant la Commission européenne à agir sans délai pour garantir une application pleine et effective du DMA.
L’objectif est clair : permettre une visibilité équitable pour les fournisseurs directs, améliorer la transparence dans la présentation des offres et garantir un véritable choix pour les consommateurs. Concrètement, cela doit se traduire par une place plus équitable des établissements dans les résultats de recherche Google, qui conditionne directement leur visibilité et l’accès des clients à la réservation directe.
Tant que les règles prévues par le DMA ne produisent pas d’effets concrets dans les résultats de recherche, les conditions de concurrence restent déséquilibrées entre plateformes intermédiaires et établissements. Trois ans après son entrée en vigueur, le règlement doit désormais produire des effets visibles dans l’environnement numérique quotidien des hôteliers.