Digitalisation et performance : le défi de l’hôtellerie européenne

28 août 2025

Dans la première partie de son enquête auprès de plus de 1 500 hôtels dans 6 pays européens, HES-SO Valais-Wallis* s’intéressait à l’adoption et aux usages de l’IA par les hôteliers. Cette seconde partie est consacrée à la gestion des revenus, aux indicateurs clés de performance et à la distribution.

Alors que les outils numériques sont largement déployés, leur exploitation stratégique reste limitée. Dans un environnement de plus en plus concurrentiel, l’étude souligne la nécessité de combler le fossé entre l’infrastructure numérique et son utilisation efficace pour optimiser les performances.

Utilisation oui optimisation non Les hôtels sont équipés en outils numériques, preuve en est 75 % des hôteliers européens déclarent utiliser un PMS et 63 % mettre à jour leurs tarifs et leurs disponibilités via un gestionnaire de canaux (channel manager). Mais derrière ces équipements, la gestion reste éclatée (plus de 70 PMS différents recensés), freinant l’interopérabilité et l’efficacité, notamment pour les établissements de petite taille.

Revenue management sous-exploité 40 % des hôteliers ont mis en place une stratégie de gestion des revenus dont 44 % utilisent un RMS et 33 % Excel. 20 % font appel à un consultant externe. Ces résultats indiquent une gestion partielle et non-systématique de l’optimisation des revenus.

Stratégie de rentabilité à développer La majorité des hôtels européens se focalisent sur la gestion par chambre en suivant les indicateurs clés de performance traditionnels, tels que le taux d’occupation (82 %), le tarif journalier moyen (ADR, 61 %) et le revenu par chambre disponible (RevPAR, 50 %). Mais, ils peinent à élargir les analyses pour une évaluation globale de la rentabilité en étudiant le profit opérationnel brut par chambre disponible (GOPPAR, 11 %), le tarif moyen journalier net (NetADR, 23 %), etc.

Un manque de connaissances stratégiques Malgré une large diffusion des outils numériques, l’intégration stratégique de ces solutions demeure inégale. De nombreux hôteliers ne pratiquent pas de benchmark concurrentiel faute de savoir le faire. A cela s’ajoute l’utilisation d’une grande diversité de systèmes. L’accès à la technologie n’est pas suffisant, encore faut-il en exploité tout le potentiel stratégique.

L’étude brosse le portrait d’une hôtellerie européenne globalement bien outillée en matière numérique, mais dont l’utilisation stratégique reste limitée. « Pour que la transformation numérique génère une valeur réelle, l’infrastructure doit être associée à une stratégie cohérente et à une vision de la performance », conclut l’étude.