Défaillances d’entreprise : Une légère accalmie en restauration, mais l'hôtellerie reste sous pression

24 avril 2026

Selon l’étude Altarès*, la France enregistre, 18 986 défaillances d’entreprises au cours du premier trimestre, en hausse de +6,4 % par rapport à la même période en 2025. Sur 12 mois, le nombre total de défaillances s’élève à 71 100, un niveau record depuis 2009. Les TPE-PME sont particulièrement touchées ainsi que certains secteurs, tel que l’hôtellerie-restauration qui reste particulièrement fragile.

La situation semble très légèrement s’améliorer pour les grandes structures (100 salariés et plus), alors qu’elle reste préoccupante pour les PME de 20 à 99 salariés (+12 %) et s’aggrave dramatiquement pour les TPE qui concentrent trois quarts des procédures (+11 %). Concrètement, ce sont 75 350 emplois menacés par ces défaillances, niveau qui n’avait pas été atteint depuis 2009.

Restauration : une stabilisation qui ne fait pas illusion

Avec 2 101 défaillances au 1er trimestre 2026, la restauration affiche un léger recul vs T1 2025. Cette évolution doit être relativisée car le secteur enregistre encore deux fois plus de défaillances qu'en 2022. La restauration à table limite un peu la casse avec 1 071 procédures, soit −2,5 %. A l’inverse, la restauration rapide voit sa situation se dégrader (952 défaillances, +2,4 %). Les débits de boissons, quant à eux, restent dans une dynamique défavorable avec 373 procédures ouvertes (+6,6 %). Dans ce contexte, les fragilités structurelles du secteur telles que les trésoreries sous tension, les retards de paiement ou encore les coûts d'exploitation élevés, demeurent entières.

Hôtellerie : un début d'année inquiétant

Du côté de l'hébergement, les chiffres sont franchement alarmants. Avec 168 défaillances, le secteur bondit de 27,3 % sur un an. L'hôtellerie traditionnelle affiche une hausse des défaillances de +32 %, et l’hébergement touristique de courte durée (locations saisonnières, meublés de tourisme) une hausse de +44 %.

Au cours de ce 1er trimestre, plus de 300 chefs d’entreprise se sont présentés chaque jour ouvré devant les tribunaux de Commerce afin de demander l’ouverture d’une procédure. Les trois quarts d’entre eux dirigent de très petites entreprises, souvent anciennes et riches d’expérience. Au-delà des cessations d’activité et la disparition de savoir-faire, ces défaillances entraînent de lourdes conséquences sociales notamment en termes d’emplois supprimés ou fragilisés, mais entraînent également des effets indirects sur les fournisseurs, les sous-traitants et plus largement sur l’écosystème économique local. Cette période n’a guère été propice au rétablissement de la confiance, de la relance de l’investissement et de la consommation. D’autant plus, que la prolongation de la guerre au Moyen-Orient risque d’aggraver les difficultés économiques des entreprises.

*Cabinet Altarès - Étude des défaillances et sauvegardes des entreprises en France au 1er trimestre 2026 (avril 2026)