Pour les bars, cafés et restaurants, l'événement promet de belles soirées, des salles pleines et une clientèle au rendez-vous. Mais il pose aussi une question très concrète : jusqu'où pourra-t-on suivre la compétition ? Car, si la Coupe du monde est un formidable accélérateur d'activité, elle ne fait pas disparaître les règles du jeu !
Premier rappel : un match diffusé au milieu de la nuit n'autorise pas automatiquement un établissement à rester ouvert jusqu'au petit matin.
« Les horaires de fermeture applicables localement continuent de s'appliquer, sauf dérogation individuelle d'ouverture tardive éventuellement accordée par l'autorité compétente. » L'Umih rappelle d'ailleurs « qu'un établissement n'est considéré comme fermé que lorsque le public a quitté les lieux, que les portes sont closes et que seul le personnel reste présent pour les opérations de rangement. »
Autrement dit, avant même de choisir quel match sera retransmis, il peut être utile de regarder... sa montre.
Un écran, oui. Mais pas n'importe comment.
Chaque grande compétition remet en lumière une idée reçue tenace. Il suffirait d'installer un téléviseur et d'appuyer sur "ON". En réalité, diffuser un match dans un établissement recevant du public obéit à plusieurs règles.
La première concerne les droits d'auteur. Lorsqu'un bar ou un restaurant installe temporairement un ou plusieurs écrans pour retransmettre une compétition sportive, il peut être concerné par le forfait SACEM dédié aux retransmissions d'événements sportifs. Pour la Coupe du monde 2026, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet, un forfait couvrant les 30 premiers jours devra être complété par une période supplémentaire afin de couvrir toute la durée de la compétition. Rappelons que les adhérents Umih bénéficient par ailleurs d'une réduction spécifique grâce au partenariat conclu avec la SACEM.
Mais attention : SACEM ne veut pas dire droits TV. C'est probablement le point le plus important à retenir
La diffusion d'un match dans un bar ou un restaurant constitue une communication au public. Les abonnements destinés aux particuliers ne permettent généralement pas ce type d'usage commercial. Chaque exploitant doit donc vérifier que son contrat de diffusion autorise explicitement une retransmission auprès de sa clientèle.
On rembobine : « Deux sujets doivent être distingués : d'une part, les droits d'auteur et droits voisins (SACEM/SPRE) ; d'autre part, le droit d'utiliser le signal TV dans un cadre commercial, qui suppose de vérifier que l'abonnement ou le contrat autorise bien la diffusion au public. »
Une ambiance de stade, pas une zone de non-droit
La réussite d'une soirée Coupe du monde se mesure souvent au nombre de buts... mais aussi à la qualité de l'organisation.
Une forte affluence ne permet pas de dépasser la capacité autorisée de l'établissement. Les règles relatives à la sécurité, à l'accueil du public ou encore aux nuisances sonores continuent de s'appliquer pendant toute la compétition.
Même constat concernant la vente d'alcool. Même pendant la Coupe du monde, « la vente et l'offre gratuite d'alcool aux mineurs sont interdites, tout comme les opérations de type open bar également interdites et l'exploitant ne peut ni servir ni recevoir des personnes manifestement ivres ».
Cette Coupe du monde pourrait être celle de tous les records : 48 équipes, trois pays organisateurs, des horaires parfois nocturnes pour les supporters français.
Pour les professionnels, elle sera surtout l'occasion de transformer leur établissement en lieu de fête sportive, à condition d'avoir préparé le terrain avant le coup d'envoi !