Aujourd’hui, le cadre est clair. Dans la restauration, le travail le 1er mai est autorisé par des accords de branche issus du dialogue social. Ces règles collectives, connues et appliquées, permettent aux établissements d’ouvrir et aux salariés de travailler sur la base du volontariat. Et de bénéficier d’une rémunération majorée. « Ce que nous demandons est simple : le respect des accords de branche existants », résume Franck Chaumès, président national Umih Restauration.
Avec la proposition de loi qui sera débattue le vendredi 10 avril 2026, étendant la possibilité de travailler le 1er mai ,la logique change.
Le cadre collectif laisse place à une approche individualisée, salarié par salarié. Une évolution qui fragilise l’équilibre des relations employeurs salariés et ouvre la voie à l’insécurité juridique et aux contentieux. Car, contrairement aux idées reçues, dans de nombreux établissements, des équipes choisissent de travailler ce jourlà pour améliorer leur pouvoir d’achat, en toute transparence.
L’enjeu est aussi économique
Pour les restaurants, le 1er mai représente l’une des rares journées de très forte activité. Une fermeture contrainte peut signifier la perte d’une semaine de trésorerie, avec des conséquences directes sur les emplois, les apprentis et les fournisseurs. « Une loi mal calibrée peut détruire plus d’emplois qu’elle n’en protège », prévient le président de branche. C’est pourquoi la proposition de loi qui va être examinée à l’Assemblée nationale suscite de fortes réserves dans la profession. « Non par opposition de principe, mais parce qu’elle remet en cause un équilibre qui fonctionne », conclut Franck Chaumès.