Taxation des CDD : une mesure contreproductive dans le secteur des CHRD

11/03/16

L’avant-projet de loi El Khomri envisage la surtaxation des contrats à durée déterminée (CDD), avec l’objectif d’éviter l’utilisation abusive de ce type de contrat et de favoriser le recrutement en contrats à durée indéterminée (CDI).

Dans le secteur des Cafés, Hôtels, Restaurants,  80 % des contrats sont à durée indéterminée. Le recours au CDD est justifié et participe au mode normal de gestion de nos entreprises car structurellement lié à la particularité de nos métiers. Les chefs d’entreprise ont recours aux CDD pour faire face à l’activité saisonnière et au surcroît de travail lors de manifestations culturelles et événementielles. Loin d’en abuser, ils représentent à peine 20 % des contrats dans notre branche, bien en dessous de la moyenne nationale qui s’établit, selon l’Insee, à plus de 25 % et est en progression.

Il serait inacceptable et contreproductif que nos CDD saisonniers et nos contrats d’extras entrent dans le champ de cette surtaxation. En effet, dans la mesure où notre secteur n’a pas d’autre possibilité que de recourir aux CDD, taxer les contrats courts augmenterait le coût du travail, fragiliserait les entreprises et accélérerait la destruction d’emplois.

Pour Roland Héguy : « Ce n’est pas en modifiant ou en taxant les contrats de travail que l’on va créer de l’emploi. Les pouvoirs publics doivent comprendre que dans nos professions, imposer une taxe supplémentaire ne transformera pas un CDD en CDI. Il serait aberrant que notre secteur entre dans ce champ de taxation ! »