Opposition massive à la création d’une appellation «restaurant»

30/05/13

 

Alors que les discussions sont en cours au sein d’un Comité de filière « Restauration » mis en place et piloté par la Ministre Sylvia Pinel pour valoriser la restauration traditionnelle et artisanale, six organisations professionnelles de l’Hôtellerie-Restauration (GNC, SNARR, SNRPO, SNRTC, UMIH et CPIH), soit la quasi-totalité du secteur, s’étonnent et ne soutiennent pas l’initiative sans concertation visant à déposer un amendement au projet de loi HAMON pour la création d’une appellation « restaurant ».

 

S’il est souhaitable d’apporter à nos clients une information juste et transparente, cette démarche doit se faire de manière constructive en évitant toute exclusion. Nous sommes tous favorables à valoriser la restauration qui travaille les produits bruts. Elle est non seulement source d’emplois, mais c’est elle qui assure la transmission des savoir-faire culinaires de notre pays. Elle est au coeur de la relation de confiance entre le consommateur et le restaurateur.

 

La protection de l’appellation « restaurant » c’est aller à l’encontre de la vraie richesse de la restauration française, qui dans sa grande diversité, est un atout majeur du rayonnement de la France à l’international, capable de servir des prestations de restauration pour toutes les occasions et pour tous les budgets. Cela n’aura pour effet que de créer une complète confusion dans l’esprit du public, des clients et surtout des touristes internationaux qui ne se retrouveront pas dans cette différenciation d’établissements de restauration. N’oublions pas que selon le Petit Robert, un restaurant est un établissement où l’on sert des repas moyennant paiement. C’est créer, par ignorance de la réalité de nos métiers, un handicap supplémentaire dans la promotion du tourisme à l’étranger.

 

Enfin, et surtout, cette appellation restrictive du mot « restaurant » aurait des conséquences dramatiques en termes d’emplois notamment chez les jeunes. Dans un contexte où plus d’un quart des 700 000 salariés du secteur a moins de 25 ans, que deviendront les salariés des établissements qui ne bénéficieront plus de la reconnaissance du mot « restaurant » ?

 

98% des professionnels syndiqués représentés par les 6 organisations professionnelles soutiennent avec force et conviction la proposition de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) qui, lors des réunions du Comité de filière « Restauration » en cours à Bercy, a proposé la création d’un statut d’artisan-restaurateur qui s’appuierait sur le développement du label d’Etat Maître Restaurateur :

 

  • Cette proposition est conforme aux attentes des Français, qui sont 96% à juger que « la création d’un statut garantissant que les plats sont cuisinés sur place serait une bonne chose » (cf. Etude Opinion Way «Les restaurateurs vus par les Français » du 13 avril 2013).
  • Tout en garantissant une information transparente au consommateur, elle respecte tous les types de restauration sans discrimination, allant du restaurant traditionnel le plus simple aux grandes tables étoilées, qui font la notoriété de la restauration française.
  • Elle s’appuie sur le seul titre d’Etat existant, « Maître Restaurateur ». Ce titre mérite d’être davantage promu auprès des consommateurs. A l’heure où ils demandent à être rassurés sur la qualité de l’offre alimentaire, la promotion d’un titre soutenu par l’Etat serait un puissant vecteur de réassurance, sans multiplier les dispositifs.

 

Le Gouvernement saura trancher en faveur de la proposition qui préserve la cohérence du secteur tout en valorisant un savoir-faire et des pratiques artisanales, dans l’un des rares secteurs à ne pas encore bénéficier de cette reconnaissance.