Locations courte-durée : l’hôtellerie de prestige inquiète

19/06/14

Depuis plus de deux ans, l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie), la première organisation professionnelle du secteur de l’hôtellerie-restauration, fédérant 85% des professionnels syndiqués indépendants sur l’ensemble du territoire français, alerte les pouvoirs publics sur le développement et la professionnalisation de la location d’appartements meublés courte-durée sans aucun cadre réglementaire.

 

Réunie en Conseil d’Administration mardi 10 juin, UMIH Prestige, la structure interdépartementale de l’UMIH regroupant les établissements de prestige, tire la sonnette d’alarme elle aussi sur cette nouvelle forme d’activité qui concurrence déloyalement les palaces.

 

« Cette activité est une véritable industrie hors-la-loi. On constate la multiplication d’offres « packages » qui proposent des locations à la nuitée dans des hébergements luxueux, avec un service de concierge, de chefs à domicile, de chauffeur… Où est la différence avec un hôtel de prestige ? Aucune dans la prestation proposée… mais beaucoup dans le régime réglementaire et législatif, plus favorable que celui de l’hébergement marchand : absence de réglementation applicable en matière de sécurité, d’hygiène, d’environnement, d’accessibilité, de fiscalité, de cotisations sociales. Hors, l’hôtellerie française, elle, investit pour se rénover et se mettre aux normes, recrute des emplois pérennes, pour refléter au quotidien l’excellence et le savoir-faire à la française », déclare Didier Le CALVEZ, Président UMIH Prestige et Président Directeur général du Bristol Paris.

 

« Les inquiétudes des palaces et des établissements de prestige sont la preuve que la professionnalisation de ce type d’activité n’est pas un épiphénomène. Tous les hébergements marchands sont concernés. L’UMIH poursuit auprès du Gouvernement son action pour renforcer la loi ALUR et interdire la location pour les courts-séjours inférieurs à 6 nuits. Toutes les actions menées par l’UMIH vont dans un seul sens : appliquer aux nouvelles plateformes de locations de meublés des règles du jeu équitables et régulariser ces activités professionnelles. », conclut Roland HEGUY, Président confédéral de l’UMIH.

 

"On dit souvent que ces locations concurrencent le bas de gamme mais c’est faux : tous les secteurs sont touchés, y compris les hôtels de luxe et les palaces qui sont concurrencés par des appartements très luxueux ou des villas de prestige", a-t-il insisté, précisant que l’Umih allait "interpeller les pouvoirs publics sur ce sujet".

Depuis plus de deux ans, l’Umih dans son ensemble, qui fédère 85% des professionnels syndiqués indépendants, se bat sur cette question, rappelle l’organisation.

Le projet de loi Alur "autorise la location journalière. On met ainsi les hôtels en concurrence direct avec les particuliers", regrette M. Le Calvez, prenant en exemple la ville de New-York "qui autorise la location à minimum une semaine ou encore Londres à minimum trois mois", assure-t-il.