Les hôteliers s’opposent à l’attribution exclusive du «.Hotel» aux OTA's

10/04/13

Extrêmement préoccupée par le lancement de nouveaux noms de domaines « .HOTEL », la FHE (French Hospitality in Europe, association regroupant tous les syndicats hôteliers français) a mobilisé l’HOTREC, l’association européenne des hôtels – cafés - restaurants, pour qu’elle dépose des objections auprès de la Chambre Internationale de Commerce de Paris afin de bloquer les candidatures de deux agences en ligne, Booking et Despegar, qui ont candidaté auprès de l’autorité mondiale de l’Internet (ICANN) pour obtenir la gestion exclusive des nouvelles extensions « .HOTEL », « .HOTELS », « .HOTEIS » (hôtel en portugais) et « .HOTELES » (hôtel en espagnol).

 

En l’état, ces candidatures font peser le risque d’un monopole d’exploitation de ces nouveaux noms de domaines entre les mains de ces agences en ligne, qui ne sont pas des opérateurs hôteliers. La conséquence immédiate serait un accroissement du détournement du trafic des sites officiels des hôteliers et l’affaiblissement de la visibilité de nos établissements sur Internet, support déterminant pour la compétitivité du secteur.

 

Or, d’après une étude de MarkMonitor® publiée au printemps 2011[1], 580 millions de visiteurs étaient déjà détournés des sites officiels des hôtels par les OTA’s. Le piratage de marques et le détournement de clients sur Internet a eu un coût conséquent pour les hôteliers puisque chiffré à 1,54 milliards d’euros.

 

Dans leurs objections aux candidatures des OTA’s, les organisations professionnelles démontrent que ces deux candidats n’agissent ni dans les intérêts de la filière hôtelière française et internationale ni des consommateurs. Ces candidatures exclusives auraient pour conséquence une distorsion de concurrence, une atteinte à la liberté de choix du consommateur et un risque de confusion dans l'esprit du public. 

 

Les objections de l’HOTREC ont été soutenues par de nombreuses associations nationales, internationales dont l’OMT (Organisation Mondiale du Tourisme) et HCPC (Hotel Consumer Protection Coalition, association regroupant les plus importants opérateurs mondiaux, qui a également déposé la même série de quatre objections).

 

La FHE mène également de front une action forte visant à la mobilisation des Etats.

 

A ce titre, le Gouvernement français a déjà alerté l’ICANN en novembre dernier[2] pour demander que les nouvelles extensions « .HOTEL » (et ses traductions en d’autres langues) soient réservées à l’industrie hôtelière précisant que « Tout consommateur dans le monde doit avoir la garantie qu’il sera directement connecté à un hôtel ». Le Gouvernement avait alors rappelé à l’ICANN que : « Chaque hôtel devrait avoir le droit, garanti par l'ICANN, d’utiliser le terme « Hôtel » comme extension générique pour promouvoir sa stratégie commerciale et ce droit devrait être seulement réservé aux fournisseurs de services hôteliers ».

 

La FHE, et  l’HOTREC défendent une alternative : une candidature « communautaire » pour la gestion de ces nouvelles extensions, qui réserverait effectivement l’attribution des noms de domaine aux seuls hôtels, chaînes hôtelières et associations hôtelières. 

 

La FHE salue enfin la prise de position de Madame Christine DE VEYRAC, députée européenne, membre de la Commission des Transports et du Tourisme au Parlement européen, qui alertée par la FHE, a déclaré : "La création de nouveaux noms de domaines, devait permettre l'amélioration de la visibilité et l'identification claire d'une marque, d'un acteur économique, d'un hôtel par exemple. En s'arrogeant l'exclusivité de l'utilisation de noms de domaines aussi génériques que ".hotel", les agents de voyage EN LIGNE prennent en otage ce qui revenait de droit à l'industrie hôtelière. L'offre sur Internet nous conduit de plus en plus à avoir recours à des agences de voyage EN LIGNE pour réserver une chambre d'hôtel. Et c'est aujourd'hui ce nouvel intermédiaire qui profite des bénéfices de la location, et ampute alors la marge des hôteliers. Ce sont pourtant ces derniers qui sont créateurs de richesses et d'emplois dans nos territoires. L'extension des noms de domaine devait laisser une chance aux hôteliers d'être clairement identifiés par les consommateurs en leur offrant la possibilité d'un contact direct. Ce sont à la fois les hôteliers et les consommateurs qui seront dupés si personne ne réagit"[3].

 

La FHE (French Hospitality in Europe) est une association commune pour la défense et la promotion de la profession française des CHRD sur le plan européen et international. La FHE a été créée par la Confédération des professionnels Indépendants de l’Hôtellerie (CPIH), la Fédération Autonome Générale de l’industrie Hôtelière Touristique (FAGIHT), le Groupement National des Chaînes (GNC), le Syndicat National des Hôteliers, Restaurateurs, Cafetiers et Traiteurs (SYNHORCAT) et l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH).