Décision de l'Autorité de la concurrence contre Booking.com

21/04/15

L’Autorité de la Concurrence vient de rendre publique sa décision qui fait suite à la saisine de l’UMIH et du GNC contre Booking.com, Expedia et HRS pour dénoncer leurs pratiques anti-concurrentielles et abusives.

Si la décision de l’Autorité n’est qu’une étape puisqu’elle ne règle pas dans son ensemble la relation existante entre l’hôtelier et les agences en ligne, elle garantit désormais au consommateur de trouver le meilleur prix chez l’hôtelier et desserre le carcan imposé à l’hôtellerie.

Après une procédure longue de près de 2 ans, les engagements de Booking.com, arrêtés par l’Autorité de la concurrence, applicables le 1er juillet prochain :

  • répondent en partie aux préoccupations des hôteliers qui retrouvent une certaine liberté commerciale et tarifaire
  • garantissent au consommateur de trouver TOUJOURS le meilleur prix en passant directement par l’hôtelier


Cette décision de l’Autorité de la concurrence permet à l’hôtelier de retrouver une plus grande maîtrise de la distribution de ses chambres et garantit que le meilleur prix sera TOUJOURS celui proposé directement par l’hôtelier.

« Aujourd’hui, une étape importante pour l’hôtellerie française a été franchie. L’Autorité acte que le consommateur trouvera toujours le meilleur prix en s’adressant directement à  l’hôtelier. Un travail de pédagogie doit maintenant être mené auprès du consommateur pour créer le réflexe « Mon hôtel, je l’appelle ». Ces engagements  produiront leurs effets uniquement si les autres centrales de réservation à savoir Expedia et HRS s’engagent dans ce sens. Notre combat continue, toujours pour une plus grande transparence, pour faire inscrire définitivement dans la loi le contrat de mandat.», déclarent Roland HEGUY, Président confédéral de l’UMIH & Jacques BARRE, Président du GNC.


Désormais, notre client sera mieux informé :

  • Si l’hôtel n’est plus disponible sur le site de Booking.com, la mention « Plus de disponibilité sur ce site » devra impérativement être indiquée ; au lieu des mentions actuelles qui créaient confusion et incompréhension pour le client ;
  • Booking.com ne pourra plus se prévaloir sur son site de la mention « garantie du meilleur prix », trompeuse pour le consommateur ;
  • L’hôtelier retrouve la garantie de la meilleure offre pour les clients fidèles ou ayant déjà séjourné au moins une fois dans l’hôtel, et pour tous les canaux de distribution hors ligne ;
  • Des clauses de parité allégées:
    •  Une clause de parité tarifaire et d’offre circonscrite, c’est-à-dire un même tarif affiché sur le site de l’hôtelier et Booking.com, mais la liberté pour l’hôtelier de fixer des prix différents avec les autres agences en ligne ;
    • Suppression de la clause de disponibilité: l’hôtelier retrouve la possibilité d’allouer un nombre de chambres différent à chaque agence en ligne. Cette disposition doit permettre d’ouvrir une concurrence entre les agences en ligne qui devront offrir des conditions de commission plus favorables pour bénéficier d’un volume de chambres plus important ;
    • Dès le 1er juillet 2015, le client bénéficiera de ces nouvelles conditions.

L’UMIH et le GNC regrettent toutefois que l’interdiction d’achat sur Google du nom commercial des hôtels par Booking.com n’ait pas été exigée par l’Autorité de la concurrence, privant ainsi les hôtels d’une visibilité que seule la puissance financière des agences en ligne a pu leur arracher.

 
Et demain ? L’hôtellerie a besoin de nouvelles avancées ! :

  • Une grande vigilance : une clause de revoyure au 1er janvier 2017 a été actée dans la décision : elle oblige Booking.com à prouver d’ici cette date, les effets attendus par les nouveaux engagements, c’est-à-dire : une concurrence accrue entre agences en ligne par l’entrée de nouveaux acteurs et la compétition sur les niveaux de commissions. Nos hôteliers seront particulièrement vigilants à informer de tout écart de conduite  l’Autorité de la concurrence.
  • Un élargissement des engagements : Ces engagements qui s’imposent à Booking.com doivent être étendus à Expedia et HRS également visés dans la procédure. A défaut les engagements de Booking.com seraient inopérants.
  • Deux procédures en cours auprès du Tribunal de Commerce de Paris contre Booking.com et Expedia. L’UMIH et le GNC se sont joints à la plainte du ministère de l’Economie contre Booking.com. 
  • Le contrat de mandat pour une transparence nécessaire entre les acteurs : Les sénateurs, dans le projet de loi Croissance et Activité ont introduit le contrat de mandat : l’Agence en ligne est un agent qui doit respecter la politique commerciale de son partenaire, au même titre que le sont les agents immobilier, les agences de publicité, par exemple, et les agences de voyages physiques ! L’UMIH et le GNC se félicitent du travail des sénateurs et demandent au Gouvernement et aux députés d’inscrire définitivement, dans la loi, le contrat de mandat. Ce nouveau cadre contractuel rénové permettra, dans la ligne dessinée par l’Autorité de la concurrence, de rendre les relations commerciales transparentes entre hôtels et toutes les agences en ligne, dans l’intérêt du consommateur.

 

Télécharger l'annexe "Rappel de la procédure"

70ème Assemblée générale de l'HOTREC: Priorité au numérique

L’UMIH a participé à la 70ème Assemblée générale de l’HOTREC les 23 et 24 avril 2015. Parmi les temps forts de cet événement, la Commissaire Européenne Elzbieta Bieńkowska est intervenue pour souligner que le secteur de l'hôtellerie, avec les autres industries touristiques, est la troisième plus grande activité socio-économique en Europe et est, par conséquent, essentielle pour la compétitivité et la création d'emplois en Europe. Elle a mentionné que dans les mois à venir, la Commission va présenter des propositions visant à réduire le fardeau administratif des PME, ce qui sera, à son avis, un grand avantage pour le secteur de l'hôtellerie-restauration. Elle compte aussi sur la poursuite d'une coopération fructueuse avec l'HOTREC et a mentionné qu'elle soutiendrait les priorités suivantes:

  • Promouvoir la numérisation des PME du tourisme;
  • Rationnaliser le cadre réglementaire et administratif dans son impact sur le tourisme;
  • Mettre à niveau les compétences du secteur du tourisme;
  • Favoriser les échanges entre basses et moyennes saisons du tourisme;
  • Et promouvoir un tourisme durable.

 

Ensuite, la parlementaire Européenne Claudia Tapardel, présidente de l’Intergroupe Tourisme, était également présente et a réaffirmé sa volonté de continuer à lutter pour les intérêts du secteur de l'accueil, par l'organisation de discussions fructueuses au sein de l'Intergroupe Tourisme au Parlement européen. "Le secteur du tourisme a continué de créer des emplois, même pendant le temps de la crise. Ce est un secteur très résistant. L'intergroupe est la voix du secteur du tourisme et est là pour aider à combler les comités sur les politiques touchant directement les PME du secteur du tourisme. "

Enfin, les hôteliers européens ont échangé sur les décisions conjointes des Autorités de la Concurrence française, suédoise et italienne vis-à-vis des engagements de Booking.com, et ont arrêté les positions suivantes : 

  • Nous considérons ces décisions comme une première étape, mais insuffisante.
  • Nous confirmons notre position défendue lors des procédures selon laquelle que les clauses de parité sont anticoncurrentielles.
  • L'industrie hôtelière européenne refuse d'être limitée par ces engagements dans sa liberté commerciale et tarifaire aux outils de communications hors-ligne (ex : téléphone, télécopie).
  • Nous ne sommes pas convaincus des effets positifs supposés des engagements.
  • Nous notons que, pour le moment, il y a maintenant deux approches validées au niveau européen pour aborder la question des clauses de parité dans les contrats avec les hôteliers : La voie « négociée » de la France, l’Italie et la Suède et l’interdiction totale des clauses de parité de l’Allemagne.
  • Chacun des membres de l’Hotrec examinera l’intérêt de la procédure d’appel auprès de son autorité de la concurrence.