Contrôles d’hygiène : la transparence à la sauce confusion

20/12/16

Le décret relatif aux modalités pour la transparence des contrôles hygiène a été publié samedi 17 décembre  au Journal officiel, pour une entrée en vigueur au 1er mars prochain. Les choix retenus par le Gouvernement, qui ne reprennent pas les propositions de la profession, suscitent d’importantes interrogations pour l’UMIH qui craint un effet « anxiogène » pour le consommateur.

 A compter du 1er mars 2017, les résultats des contrôles officiels d’hygiène seront rendus publics sur les sites Internet des ministères chargés de l’Agriculture et de la Consommation, pour une période d’un an.

Le dispositif prévoit 4 niveaux de résultats : Très satisfaisant, satisfaisant, à améliorer, à corriger de manière urgente.

 L’UMIH travaille depuis plus de deux ans, pour arriver à une solution la plus juste, entre la bonne information des consommateurs et les contraintes et réalités des professionnels. L’UMIH a toujours milité pour apporter aux consommateurs une information claire et transparente sur le contenu de l’assiette et sur les contrôles hygiène dans les restaurants. En ce sens, elle a élaboré un guide des bonnes pratiques d’hygiène, qui tient lieu de référence chez les restaurateurs, pour élever le niveau d’hygiène des établissements. L’UMIH rappelle que la restauration est une des professions les plus contrôlées et qu’une formation aux bonnes pratiques d’hygiène est obligatoire pour tous les restaurateurs depuis 2012.

 La solution proposée risque de jeter le discrédit sur notre profession :

 

  1. Le décret prévoit la publication du résultat des contrôles sur Internet alors que rien n’a été mis en place pour protéger l’utilisation de ces données. Un contrôle est une photographie à un instant T. En les laissant libre d’utilisation par les sites d’avis et les réseaux sociaux, ils deviendront des traces indélébiles, alors même que l’établissement a répondu aux non-conformités, a fait des travaux, ou changé de propriétaire, etc. 
  2. Le Gouvernement a retenu 4 niveaux d’hygiène alors que le consommateur ne connaît pas les spécificités d’un contrôle hygiène. Il veut savoir si l’hygiène est respectée, s’il peut aller manger dans un établissement ou non.  Une notation intermédiaire va attirer la suspicion et des interrogations auprès du consommateur et risque d’entrainer une baisse d’activité, fragilisant encore plus le secteur dans le contexte économique actuel.

 Le décret  précise que les établissements de restauration commerciale pourront dans une démarche volontaire, utiliser l’information sur le niveau d’hygiène de leur rétablissement et   l’afficher de manière visible pour le consommateur. C’était une demande de l’UMIH.

 

 

Hubert Jan

Hubert JAN, Président UMIH Restauration déplore : « Nous souhaitons apporter évidemment toute la transparence au consommateur, mais avec un tel décret, tout va être mélangé. A 10 jours des fêtes de fin d’année, mobilisés pour accueillir leurs clients,  les restaurateurs n’ont pas besoin d’une nouvelle réglementation mais de reconnaissance et de valorisation, à la hauteur de leur contribution à l’activité économique. Ils subissent déjà la concurrence déloyale de la restauration à domicile et c’est là que l’Etat devrait en priorité règlementer et contrôler pour la bonne information des consommateurs ».