Contribution de l’UMIH aux Assises du Tourisme

06/03/14
Assises du tourisme


Que l’apport de l’hôtellerie-restauration, acteur majeur du tourisme, soit pris en compte dans les conclusions


 

Dans le cadre des Assises du Tourisme auxquelles l’UMIH participe activement, au niveau national comme dans les territoires, l’organisation professionnelle représentative a transmis à Sylvia PINEL sa contribution pour que la France retrouve toute sa compétitivité touristique, en vue de :

  • Gagner des parts de marché (affaires et loisirs) dans une compétition mondiale intensifiée,
  • Favoriser l’augmentation de la durée de séjour,
  • Et redonner envie aux Français de partir à la découverte de nos territoires.

 

« Depuis longtemps, l’UMIH martèle l’urgence de considérer enfin le tourisme comme une industrie à part entière, levier de croissance et d’emplois. L’attractivité de notre pays n’est pas un acquis. Aujourd’hui, si la France veut maintenir sa position de première destination touristique mondiale et augmenter les recettes liées au tourisme, il est temps de définir et s’engager sur une véritable politique industrielle du tourisme, axée tant sur les touristes français qu’étrangers. », écrit Roland HEGUY, Président confédéral de l’UMIH.

 

L’UMIH demande au Gouvernement de prendre en compte leurs propositions dans les futures conclusions : « Si tout était écrit d’avance, cela serait une grande déception pour nous, acteurs majeurs du tourisme. Il n’y a pas de tourisme sans nos cafés, nos hôtels, nos restaurants, nos établissements de nuit. », rappelle Roland HEGUY.

 

Enfin, l’UMIH souhaite que les Assises soient le point de départ d’une politique volontariste en matière de développement touristique et proposent que le Comité de pilotage soit pérennisé en Comité de suivi des Assises afin de contrôler l’avancée et la mise en pratique des mesures qui seront prises à l’issue des travaux.

 

Gagner des parts de marché (affaires et loisirs) dans une compétition mondiale intensifiée, favoriser l’augmentation de la durée de séjour et redonner envie aux Français de partir à la découverte de nos territoires

 

1. L’accueil et la formation

Un touriste, de la préparation de son voyage à son arrivée à destination, jusqu’à son départ, doit être accueilli et traité dans les meilleures conditions. Le tourisme hexagonal, c’est la marque France, reconnue pour sa qualité et son savoir-faire.

 

a. Formation

  • Créer un module de formation spécifique : « comment recevoir les touristes internationaux », en intégrant l’interculturel et la connaissance des cultures et pratiques des touristes, au sein de la formation initiale mais aussi des certifications professionnelles transversales aux différents secteurs
  • Améliorer la connaissance des territoires (gastronomie, culture, activités touristiques, etc.) au sein de la formation initiale
  • Travailler sur le recensement, l’identification des diplômes universitaires liés au tourisme (trop nombreux et mal identifiés) et les recentrer sur les besoins de nos métiers à moyen et long terme
  • Adapter les formations aux nouveaux métiers, notamment liés au numérique.

 

b. Accueil

  • Augmenter l’amplitude des horaires d’ouverture des lieux touristiques
  • Créer des kits spécifiques d’accueil (langue, culture, etc.) pour les 10 marchés source de la France, à disposition des professionnels de l’ensemble de la chaîne touristique.

 

2. La promotion des professionnels du tourisme

De nombreux efforts ont été faits par nos professionnels ces dernières années pour améliorer l’accueil et la qualité des prestations ; l’Etat doit participer à les promouvoir auprès de notre clientèle française mais aussi internationale.

  • Revoir le plan Qualité Tourisme, en assurer une meilleure promotion et l’appliquer davantage au secteur public (musée, gare, aéroport…)
  • Engager une réflexion sur l’image de la profession et assurer la mise en œuvre d’une campagne de promotion des métiers CHRD
  • Promouvoir le label d’Etat Maitre Restaurateur, puisque notre qualité de restauration et notre gastronomie sont vantées par tous et constitue un des critères de sélection de la France
  • Promouvoir et moderniser le classement hôtelier
  • Faire de la vie nocturne une vraie offre touristique (à l’instar de capitales européennes comme Londres ou Berlin)
  • Mettre en place un observatoire portant notamment sur les flux de consommation et les habitudes de nos clients (multicanal) pour évaluer par région les moyens mis en œuvre.

 

3. Le numérique au service des professionnels

L’avènement du numérique et des nouvelles technologies a profondément modifié les pratiques et les attentes des clients, alors que la moitié de la distribution de nos produits s’effectue en ligne. Le secteur, accompagné par l’Etat, doit s’adapter. Il nous faut remédier à la « perte de contrôle » et l’appauvrissement dû à la captation de valeur ajoutée par de nouveaux acteurs intermédiaires (OTAs, économie collaborative, etc.) mais également définir une stratégie de reconquête par l’innovation.

  • Soutenir les professionnels dans leurs actions pour rééquilibrer les rapports avec les distributeurs en ligne et accroitre leur visibilité sur internet
  • Créer une plateforme numérique de promotion de la destination, mutualisant tous les contenus des acteurs du tourisme, avec une déclinaison publicitaire, sous laquelle est «promue» chaque destination nouvelle ou existante (« rendezvousenfrance.com » ?)
  • Lutter contre le commerce illégal (par exemple : hébergement illégal, buvettes avec vente d’alcool sans licence, restaurants clandestins, etc.) dont le phénomène a été accentué par la crise et la visibilité nouvelle offerte par internet (en établissant une stricte équité fiscale, sociale et réglementaire).

 

4. La mobilisation des acteurs publics en faveur de la simplification de la vie de nos entreprises

Aujourd’hui, nos entreprises sont freinées dans leurs initiatives par la lourdeur administrative, fiscale et réglementaire. Toute nouvelle règle se met en place le plus souvent au détriment des investissements accueil, marketing, numérique... Nos entreprises ont besoin de simplification pour retrouver du souffle et se consacrer exclusivement à leur cœur de métier.

  • Mettre en place un comité interministériel du tourisme sous la tutelle du ministère du tourisme
  • Supprimer le millefeuille administratif, par la fusion des organes territoriaux de promotion touristique (Offices de Tourisme, Comités Départementaux du Tourisme et Comités Régionaux du Tourisme…)
  • Accélérer la dématérialisation des documents administratifs (fiche de police notamment…)
  • Créer un guichet unique pour le changement de propriétaire des établissements CHRD (aujourd’hui, formalités auprès d’Atout France, préfecture de police, mairie, DRAC, CNIL, SACEM-SPRE, OT…)
  • Favoriser le tourisme d’affaires hautement contributeur par la mise en place d’allégements fiscaux et améliorer le fléchage des dispositifs fiscaux existants (utilisation du produit de la taxe de séjour…)
  • Faciliter le financement pour renforcer l’attractivité de l’offre (ex : création de pôles d’investissements dotés d’une fiscalité avantageuse, constitution de nouveaux mécanismes de financement destinés à la création et à la rénovation d’hôtels, création d’un département d’ingénierie financière touristique au sein de la BPI…)
  • Sécuriser l’entreprenariat de la vie nocturne (pérennisation des autorisations d’ouverture tardive, transmission, etc.).

 

D’autres propositions, dépassant le seul secteur CHRD, ont également été formulées pour chacun des thèmes retenus dans le cadre des Assises du Tourisme.