Allergènes : La France va trop loin

03/09/14

Alors que le règlement européen rendant obligatoire l’information sur les allergènes contenus dans les plats proposés dans nos restaurants entrera en vigueur le 13 décembre prochain, l’UMIH s’inquiète des modalités de mises en œuvre en France de cette nouvelle obligation. En allant plus loin que les recommandations de la Commission européenne, le Gouvernement français ne tient pas compte de la réalité de nos métiers ni de la volonté de nos clients !

 

L’UMIH, lors des différents groupes de travail du Conseil National de la Consommation (CNC) qui s’est réuni à de nombreuses reprises en 2013, avait plaidé pour que l’information soit transmise oralement au client qui le demande. C’est d’ailleurs la position défendue également par la Direction générale « Santé et Consommateurs » de la Commission européenne, suivie par de nombreux pays européens.

 

Cependant, la France est en train d’aller plus loin dans la mise en œuvre de la réglementation européenne et souhaite fixer une information écrite.

 

S’il est évidemment nécessaire d’informer les consommateurs, imposer une information écrite dans nos restaurants, c’est :

  • Mettre en place un nouvel affichage obligatoire en totale contradiction avec le Choc de simplification. Surtout, pour les « artisans-cuisiniers » qui travaillent à l’ardoise et qui changent de plats et menus tous les jours ou très régulièrement, c’est une charge de travail supplémentaire non négligeable qui les éloigne de leur cœur de métier.
  • Transformer les cartes de restaurants en « notices de médicaments », anxiogènes pour nos clients.
  • Asphyxier le savoir-faire, l’esprit d’innovation et de création culinaire des professionnels au détriment des clients, des compétences de l’entreprise, et de l’attractivité du tourisme.

 

Ce matin, l’UMIH a rencontré le Cabinet du Ministre de l’Agriculture Stéphane LE FOLL et a rappelé ses inquiétudes vis-à-vis de la mise en œuvre pratique de l’obligation d’information des allergènes au consommateur. L’UMIH a également écrit à Laurent FABIUS, Thierry MANDON et Carole DELGA, pour les alerter sur ce sujet, alors que le décret est en cours de finalisation.