Transparence des contrôles hygiène : mise en garde de l’UMIH

20/02/15
Cusinier

La récente loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt prévoit que les résultats des contrôles sanitaires soient rendus publics. La Direction générale de l’Alimentation (DGAL) avait d’ailleurs proposé d’apposer des smileys sur les devantures des restaurants. L’UMIH avait alerté Carole DELGA et Stéphane LE FOLL sur toute nouvelle mesure qui jetterait encore plus le discrédit sur toute une profession. Les deux ministres avaient rejeté cette  proposition. (Contrôle hygiène dans les restaurants pas de smileys à l'ordre du jour).


Un comité de pilotage où l’UMIH est présente a ainsi été mis en place, et une phase expérimentale va être lancée en Avignon et à Paris.


Lors de ses réunions, l’UMIH qui soutient toute mesure qui renforcerait la transparence de l’offre en restauration, a milité pour la solution suivante : apposer sur la devanture un QR-Code, lisible par un smartphone, qui renverrait vers un site internet indiquant les résultats des contrôles hygiènes avec deux mentions possibles : conforme / pas conforme. En effet, pour l’UMIH, le message doit être clair pour le consommateur : soit le niveau d’hygiène est correct, soit de nombreux manquements existent.

 

L’instauration d’un QR Code a été retenue par les pouvoirs publics. Néanmoins, les pouvoirs publics prévoient 3 niveaux d’affichage des résultats des contrôles : bon, acceptable, à améliorer. Ces informations seront à disposition des clients sur un site Internet de l’administration qui sera opérationnel au 1er juillet 2015. Les résultats resteront affichés 3 mois pour Paris et 12 mois en Avignon. Passé ces délais, seule la date du dernier contrôle sera affichée.


L’UMIH met en garde sur le risque de stigmatisation pour les professionnels d’instaurer 3 niveaux d’affichage. En effet, une fois mis en ligne sur le site de l’administration, les résultats seront relayés - sans nul doute - par les sites d’avis et les réseaux sociaux. Et s’ils disparaitront sur le site de l’administration au bout d’un temps permettant au restaurateur d’apporter la preuve de la mise en conformité de son établissement, ils subsisteront sur les sites d’avis et les réseaux sociaux. La mention « acceptable » risque de jeter l’opprobre et la suspicion sur des établissements pendant des années, en attendant le prochain contrôle. L’hygiène alimentaire est un domaine trop grave pour qu’on la réduise à un tel marchandage. La règle est simple : il existe un risque pour le consommateur ou pas.

 

A ce stade, et avant le début de l’expérimentation, les réserves de l’UMIH ont été ignorées. L’UMIH reste particulièrement vigilante au déroulé de la phase expérimentale en Avignon et à Paris, et continuera de plaider pour :

  • instaurer 2 niveaux d’affichage : conforme / pas conforme
  • définir un délai avant d’afficher le résultat, ceci pour permettre aux restaurateurs d’apporter la preuve aux services de contrôle qu’ils ont remédié aux non-conformités, et ainsi pour que leur note puisse s’améliorer et que l’affichage ne constitue pas une tromperie vis-à-vis du consommateur
  • autoriser un droit de réponse sur le site de l’administration, qui permettrait aux restaurateurs de justifier leur résultat

 

Le décret lançant la phase expérimentale a été publié vendredi 20 février. Cette phase doit s’achever au 31/12/2015. La généralisation du dispositif sur le territoire national devrait avoir lieu en 2016.