Pourquoi le tourisme doit devenir la priorité du nouveau Président de la République - Tribune Roland HEGUY

24/05/17

 

L’élection d’un nouveau Président de la République présente une réelle opportunité pour se remettre en cause surtout quand une élection est à ce point porteuse d’espoir et de progrès et qu’elle manifeste une volonté de bousculer les acquis, les satisfécits convenus et les postures du « faire semblant ».

 

Car le mandat donné par nos concitoyens au Président de la République tel que je le comprends est clair : renouveler pour réussir.

 

Nous, hôteliers-restaurateurs, cafetiers et professionnels du monde de la nuit sommes décidés à accompagner ce mouvement. Car le tourisme, c’est d’abord l’image de la France perçue par nos hôtes étrangers, la qualité de l’accueil, les souvenirs que l’on emporte dans ses bagages. Elle contribue à alimenter le rayonnement culturel, facteur-clé de l’attractivité de notre pays.

 

Ce rayonnement international n’est hélas pas étranger aux actes terroristes ayant frappé notamment les lieux touristiques mais le plus souvent la cause. Notre pays, notre économie touristique, ont gravement souffert des attentats depuis 2015. Les chiffres à la hausse enregistrés ces derniers mois et notre optimisme nous persuadent qu’il s’agissait d’une parenthèse.

Rien ne doit contribuer à la réouvrir. Surtout pas des politiques prescrivant de faux remèdes d’enfermement ou de repli sur soi. 

 Le tourisme ne peut s’en accommoder. Les professionnels le savent mieux que quiconque. Le tourisme, vecteur de paix, signifie découverte, rencontre de l’autre, brassage culturel. Nous comprenons à l’issue de cette élection que rien ne sera concédé en matière de sécurité sans pour autant compromettre la destination France mais bien au contraire des efforts engagés contribuant à améliorer son image de marque et sa fréquentation touristique.

 

Pour beaucoup de politiques et depuis trop longtemps, le tourisme est considéré comme une évidence. Première destination touristique mondiale avec 83 millions de visiteurs étrangers par an, la France bénéficierait d’une rente touristique ad aeternam. D’autres indicateurs sont moins élogieux, huitième place pour la durée moyenne de séjour, quatrième en termes de revenus tirés du tourisme. Ces classements témoignent de la part importante du transit touristique dans notre pays, moins contributive que le tourisme de destination.

 

Ce constat ne peut être ignoré si nous voulons porter un projet de croissance et d’emploi, qui nous fait défaut depuis tant d’années.

 

Le temps des observatoires, des comités est révolu. Il est urgent aujourd’hui d’agir et mettre en œuvre une stratégie de développement à la hauteur des enjeux du tourisme mondial.

Pour cela il faut changer aussi l’état d’esprit de l’administration qui doit davantage impulser, que réglementer, que contrôler, que sanctionner. Il faut en finir avec la logique du « surveiller et punir ». L’avalanche de normes qui déferlent sur nos établissements chaque année est là pour en témoigner. Privilégions une approche d’accompagnement.

 

Le tourisme représente 7,4 % du PIB, compte 2 millions de salariés et 350 000 entreprises, 160 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Qui mieux que l’industrie touristique peut être un vecteur de croissance et d’emplois ? Quel autre secteur offre des perspectives de carrière aux jeunes ? Quel autre secteur participe au maillage territorial et maintient le lien social ?

 

Le tourisme doit être considéré à sa juste valeur et doit devenir une des priorités de la politique économique du quinquennat en bouleversant s’il le faut les organisations et les instruments traditionnels. La France doit prendre toute sa place dans le développement et la croissance du tourisme mondial. 100 millions de touristes devront être accueillis en  2020.Les chantiers sont nombreux pour répondre à cet objectif, innovations numériques, rénovations des parcs d’hébergements, activités culturelles, réanimation des zones rurales…

 

Ces enjeux pour nous doivent se traduire par 1 point de PIB et la création de 200 000 emplois.

 

Des investissements importants sont nécessaires et l’Etat devra apporter son soutien, son accompagnement aux côtés des professionnels, pour valoriser le tourisme de loisirs, d’affaires, culturel et sportif. Des opportunités proches peuvent nous y aider : la Coupe du monde rugby en 2023, les Jeux Olympiques en 2024 et l’Exposition Universelle en 2025.

 

L’image de la France c’est aussi la force et la diversité de ses territoires.

 

C’est un des enjeux du quinquennat, car quand le tourisme gagne… c’est la France qui gagne !

 

 

 

Roland HEGUY

Président confédéral de l’UMIH*

*L’UMIH est N°1 au sein de la branche