L’UMIH Douai assigne 12 débits de boissons illégaux

15/07/15

Pour ne pas céder au découragement dans ce dossier, il fallait la patience et la détermination de Gérard Blondiau, président d’UMIH Douai et de son secrétaire général Maurice Coquelet. Leur  croisade contre ce phénomène a en effet commencé en 2006. Et n’avait rien donné de concluant jusque là, les élus locaux comme les administrations traînant des pieds à agir. Pendant ce temps, voyant leur clientèle fuir vers ces lieux où le demi est à 1,20 euro, les cafés ont continué de péricliter. En 2013, ils sont donc passés à la vitesse supérieure et ont obtenu que le TGI de Douai ordonne une vérification par huissier des stocks de 12 associations sportives afin d’établir que celles-ci se livrent à la vente de boissons alcooliques.

Lors de la conférence de presse qu’ils ont tenue le 7 juillet à Douai, les faits qu’ont relatés les deux syndicalistes sont édifiants : « Plusieurs de ces associations sportives, principalement boulistes  et foot, sont hébergées sans frais dans des locaux municipaux. La loi les autorise à vendre de l’alcool à cinq fois par an à l’occasion de manifestations. Pas une fois de plus. A Douai, le débit d’alcool, c’est 7 jours sur 7, sans licence, sans personnel déclaré, mais avec horaires d’ouverture affichés, de même que les tarifs ! Evidemment, sans charges, sans TVA, sans salaires,  ils font une autre marge que nous ! » Outre la fraude fiscale et sociale, l’infraction au code de la Santé publique, Me Pauline Nowaczyk, conseil de l’UMIH Douai estime que le préjudice pour les cafés avoisinants est constitué et parfaitement démontrable.

En se prévalant des 12 constats d’huissier établissant l’exercice de l’activité de débit de boissons alcooliques, ainsi que de stocks de boissons (plus de 2 800 cols pour une association !), l’UMIH Douai a assigné autant d’associations. exigeant qu’elles cessent immédiatement la vente d’alcool et versent un euro de dommages et intérêts à l’UMIH. « Les huissiers ont pu constater le volume de ce commerce, plusieurs associations achètent pour plus de 80 000 euros par an ! L’urgence, c’est que ces associations cessent de créer de la misère. »