Déplacement de Fleur PELLERIN et Sylvia PINEL sur la régulation des géants du net dans le secteur

22/10/13
Rencontre Sylvia PINEL et Fleur PELLERIN

Suite aux actions portées par l'UMIH pour rééquilibrer les relations entre les centrales de réservation en ligne et les hôteliers, Fleur PELLERIN, ministre déléguée en charge du Numérique, et Sylvia PINEL, ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, se sont rendues ce matin à l’Hôtel ABACA MESSIDOR dans le 15ème arrondissement de Paris et se sont prononcées pour une régulation accrue de ces sites internet.

Evelyne MAES, propriétaire de l’hôtel et Vice-Présidente d’UMIH Hôtellerie Française, a présenté aux ministres les difficultés rencontrés au quotidien par les hôteliers dans leur relation avec les sites de réservation, notamment :

  • Les taux de commission exorbitants
  • Les montants de commission qui vont augmenter mécaniquement et sans contrepartie au 1er janvier prochain avec l’augmentation du taux de TVA, et qui échappent à la fiscalité française
  • La dépossession des clients puisque l’hôtelier perd le contact direct avec ses propres clients
  • Les prix : les OTAs font croire au consommateur qu’ils trouveront le meilleur prix sur leurs sites. C’est faux ! Le consommateur, évidemment obtiendra le meilleur prix ou la meilleure offre en réservant directement via l’hôtel. La réglementation sur l’affichage des prix qui date de 1988 et qui impose aux hôteliers d’afficher le prix le plus haut sur une période donnée, aliment la suspicion et fait perdre au client la perception du prix juste.

 

Roland HEGUY et Laurent DUC, présents lors du déplacement, ont rappelé que les plateformes ont offert aux hôteliers une nouvelle visibilité sur le net, mais avec le durcissement des relations contractuelles, imposées de manière unilatérale par les OTAs, l’hôtelier finalement n’a plus son mot à dire, et se retrouve comme un fournisseur de ces « supermarchés du web ».

 

Fleur PELLERIN et Sylvia PINEL se sont prononcées mardi pour une régulation accrue des plateformes multinationales de réservations hôtelières, comme booking.com ou venere.com qui imposent trop de contraintes au secteur.

Fleur Pellerin a dénoncé "la dépendance croissante dans laquelle se trouvent les établissements hôteliers vis-à-vis des grandes plateformes de réservation, souvent étrangères, qui imposent un nombre de chambres (disponibles) minimum ou empêchent les hôtels de faire leur propre promotion".

Les plateformes visées sont celles de dimension multinationales, telles booking.com ou venere.com. "Ces géants du net ont des positions extrêmement dominantes et imposent des contraintes contraires au développement" et "nous militons en faveur d'une régulation accrue", a-t-elle dit.

"Il est important de réfléchir à l'échelon européen aux moyens de réguler, les professionnels du tourisme doivent aussi avoir une position offensive et pas seulement subir les géants du net", a renchéri Sylvia Pinel.

Pour les ministres, il s'agirait d'imposer des "normes de comportement", pour éviter par exemple que les hôteliers se trouvent "confrontés à des clauses inacceptables" ou à de lourdes commissions des plateformes.