Interview de Roland HEGUY dans l'Hôtellerie-Restauration

25/09/13
Roland Héguy

Le président confédéral, Roland Héguy, s'est largement félicité de cette journée de signatures. Nous l'avons interrogée sur ce rapprochement et sur l'actualité de la profession. Questions/réponses…

 

L'Hôtellerie-Restauration : Comment voyez-vous cette conquête de territoire ?

Roland Héguy : C'est un moment fort de la re-syndicalisation que nous avons entreprise. Le Territoire de Belfort nous rejoint avec à sa tête Sébastien Goudey, nouveau président de l'Umih 90. Compte tenu de la proximité et de l'amitié des hommes en place dans les départements, nous allons pouvoir créer une dynamique dans le Doubs, qui est un département que nous ne couvrions pas jusqu'à présent. Comme nous l'avons annoncé aujourd'hui, nous allons y installer très rapidement Umih Formation. La constitution de la région Franche-Comté, autre événement de la journée, prouve la capacité de l'Umih à rassembler et fédérer. Ajoutons à cela d'autres succès récents en Charente-Maritime et un département du Calvados qui a retrouvé sa place. Cette année, nous avons aussi salué la création d'Umih Mayotte et sous la conduite de Hervé Bourg, d'Umih Lot. Umih 86 est en cours de construction et nous reprenons nos marques dans le 44. Et je vous rappelle que nous sommes particulièrement fiers d'accueillir Umih Prestige qui sera officiel après le vote du conseil d'administration du 8 octobre. J'attends avec beaucoup d'impatience la réforme de la représentativité patronale, prévue par le ministre Michel Sapin et qui va permettre de clarifier le paysage patronal.

 

Le 61ème congrès de l'Umih aura lieu en novembre à Cannes. Quel en sera le thème ?

Nous l'avons baptisé « Les CHRD acteurs majeurs du tourisme ». François Hollande a enfin reconnu le tourisme comme grande cause nationale. Nous l'appelions de nos voeux. Maintenant nous attendons des actes et d'y participer. Nous allons pouvoir démontrer lors de nos travaux que le tourisme est un levier économique à fort potentiel. Et que les CHRD sont moteur du tourisme. Si nous avons choisi Cannes, c'est aussi parce que cette destination a su tirer profit de tous types de tourisme comme facteur de développement et d'emploi. Michel Chevillon, président de l'Umih 06-Cannes et son équipe, soutenue par Ali Lahouti, nous apporterons la démonstration de cette dynamique tournée vers le tourisme. Le

 

Fait Maison approche…

Compte tenu des incertitudes parlementaires, je resterais bref sur ce sujet : ce n'est pas les plats qu'il faut labelliser mais les cuisiniers restaurateurs, c'est pour cela que nous tenons à la reconnaissance de l'artisan restaurateur. Le fait maison, c'est bien pour le consommateur mais cela n'identifie pas le restaurateur. Nous sommes bien sûr très attentifs à la définition qui en sera faite. Nous rencontrons prochainement les représentants de Bercy pour travailler à sa future rédaction et par ailleurs nous poursuivons notre démarche auprès de la ministre, Sylvia Pinel, pour la convaincre de l'intérêt de la double appartenance notamment dans le cadre de sa future loi sur l'artisanat. Dans les dossiers qui concernent la restauration, nous demandons également au gouvernement la pérennisation du crédit d'impôts pour les maîtres restaurateurs : il en va de la réussite du projet.

 

Les jurassiens, on le voit, ne veulent pas se laisser « déposséder par les OTA ». Où en est la rue d'Anjou ?

Les actions que nous portons depuis un an commencent à porter leurs fruits, il y a une vraie prise de conscience de la part des pouvoirs publics et de l'opinion publique. Si les OTA sont incontournables pour notre business, celles-ci abusent de cette situation et de leur position dominante. Nous voulons rééquilibrer les relations commerciales pour qu'elles deviennent équitables pour tous, y compris pour le consommateur. Actuellement, nous constatons, comme la CEPC et son Président, le député Razzy Hammadi, un déséquilibre massif. Ce dernier nous a assurés que s'il n'y avait pas d'avancées, le législateur prendra ses responsabilités. Par ailleurs, suite à notre saisine de la CEPC et à celle de l'Autorité de la concurrence, nous venons de demander officiellement aux OTA de baser leur taux de commission sur le prix hors taxe de la chambre et non plus sur le prix TTC. Il est inadmissible qu'au 1er janvier 2014 les OTA s'enrichissent mécaniquement par l'augmentation de la TVA sur le dos de l'Etat français alors qu'elles ne sont pas soumises à la fiscalité française.

 

Comment voyez-vous la fin de l'année ?

La conjoncture économique de la profession nous démontre que les premiers six mois ont été dégradés pour de nombreuses raisons. Si le mois d'août a été correct, il ne compensera pas les pertes enregistrées depuis le début de l'année. Une entreprise sur deux a des problèmes sévères de trésorerie, qui la mettent dans l'incapacité d'investir et de créer de l'emploi. Sans compter l'augmentation du taux de TVA au 1er janvier prochain pour l'hôtellerie et la restauration et la multiplication des taxes annoncées que nous allons subir. Nos entreprises et nos emplois sont menacés. Je suis très inquiet pour notre secteur en raison d'un environnement économique qui empêche toutes les initiatives et projets. De plus, on parle de « pause fiscale », mais nos entreprises ont avant tout besoin de « stabilité fiscale » sur le long terme pour pouvoir investir, embaucher et se développer en toute sérénité. C'est le message que je porte auprès des pouvoirs publics et nous avons besoin de la mobilisation de toute la profession pour l'amplifier et pour être entendu.

 

Sylvie Soubes
L'Hôtellerie-Restauration