Le secteur du tourisme pour des vacances d'été étalées

25/02/13

 

Les spécialistes voient d'un bon œil le découpage en plusieurs zones des vacances scolaires estivales, défendu hier par le ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon. Mais la fin des «grandes vacances» ne devrait pas arriver avant 2015.

 

Les gouvernements passent mais certaines idées restent. Après Luc Chatel et de nombreux prédécesseurs à la tête du ministère de l'Education nationale, Vincent Peillon a défendu une réforme du calendrier des vacances scolaires. «Nous devons être capables d'avoir un zonage l'été - deux zones - et nous devons être capables d'avoir six semaines, c'est suffisant», a dit le ministre de l'Éducation nationale sur BFMTV dimanche soir. Même si beaucoup d'incertitudes restent à lever avant une mise en place effective de la mesure, qui n'aurait de toute façon pas lieu avant 2015 selon le ministre, elle réjouit par avance les professionnels du tourisme.

L'enjeu de la réforme est de taille pour le secteur du tourisme, qui pèse 78,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 7% du PIB français. Et les professionnels du secteur voient d'un bon œil l'étalement et le découpage en plusieurs zones des vacances scolaires estivales. Les détails de ce fractionnement des «grandes vacances» ne sont pas fixés mais les spécialistes parient sur amplitude au moins équivalente à la période actuelle. La saison d'été représente la part la plus importante du chiffre d'affaires et une fenêtre élargie des vacances d'été, par exemple du 20 juin au 10 septembre, permettrait aux voyagistes de travailler plus longtemps. Interrogé par Le Figaro, Arnaud Barey, cofondateur de Voyager-moins-cher.com, affirme ainsi que la mesure «va permettre d'étaler et d'augmenter la durée de la période de pointe».

La syndicat patronal Umih (Union des métiers de l'industrie et de l'hôtellerie) a également récemment pris position pour «un raccourcissement des vacances estivales à 6 semaines avec l'instauration d'un zonage, afin de permettre à plus de Français de partir en vacances tout en leur offrant une plus grande souplesse dans les prix, d'éviter les pics d'activité en assurant une meilleure répartition de l'offre hôtelière, de faciliter les transports, de réduire les nuisances environnementales, et surtout de maintenir des activités touristiques et des emplois sur tout le territoire national». Roland Héguy, président de l'Umih, ajoute que la mesure permettra de «maintenir voire d'améliorer le nombre d'emplois saisonniers et d'éviter le pic du mois d'août qui était effroyable». «Et derrière cela, il y aura un respect du client, de l'environnement, et davantage de qualité», promet-il. Selon le spécialiste, le fractionnement par zone des vacances d'été devrait également influencer les prix qui «pourraient devenir plus attractifs».

«Une réforme qui reste floue», déplore un professionnel

Arnaud Barey, de Voyager-moins-cher.com, estime lui que les prix devraient s'équilibrer. Le dirigeant du comparateur de prix des voyages estime en outre que «le taux de remplissage devrait décoller avec cette mesure».

Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme, estime que «les six semaines, avec un zonage plus simple, auraient un impact positif sur le tourisme» mais il déplore «une réforme qui reste floue». Or le consultant spécialisé en marketing touristique souligne que «l'incertitude est préjudiciable au secteur: certaines enseignes planifient leurs investissement 20 ans à l'avance or tout peut changer du jour au lendemain». Il craint ainsi que l'annonce soit «un coup de pub qui ne serait pas suivi d'effet», notamment en cas de fronde des enseignants.